Expliquer un texte philosophique

« Expliquer, c’est dégager la structure, c’est-à-dire les relations internes de dépendance qui constituent la statique du texte. »
Paul Ricœur, Du texte à l’action.


  1. Lire le texte
  2. Relire le texte en repérant les concepts clés, les connecteurs logiques.
  3. Dégager la structure argumentative et logique du texte : oppositions, analogies, parallélismes, inductions, déductions, syllogismes, exemples, résumé, transition (et sa fonction argumentative)…
  4. Déterminer la thèse de l’auteur et son objectif.
    Ex : Tous les humains sont doués de raison.
  5. De votre côté, cherchez des adversaires, ceux à qui l’auteur s’oppose, contre lesquels il prend parti. Pour ce faire, déterminez :
    1. La thèse contraire = opposée en qualité (affirmation<-> négation)
      Ex. ici : Aucun humain n’est doué de raison.
    2. La thèse contradictoire = opposée en quantité (quelques<-> tous) et en qualité (affirmation<-> négation)
      Ex. ici : Quelques humains ne sont pas doués de raison.
  6. À partir de là, dégagez la question paradoxale à laquelle l’auteur répond à sa façon.
    Votre travail va consister :

    1. À montrer à quel point la réponse de l’auteur est paradoxale, pas évidente.

    2. À montrer que finalement elle répond encore mieux que ses adversaires à la question.
    3. À dégager la structure interne du texte, la logique argumentative de l’auteur de manière à soutenir une thèse pourtant pas évidente.
  7. Quel est l’objectif de l’auteur ?
  8. Quels sont les enjeux de sa démarche ? ex. : enjeu politique, sociologique, éthique, épistémologique, esthétique, théologique, métaphysique…
  9. Déterminez les étapes du texte, les étapes de l’auteur pour plaider en faveur de sa thèse et contre ses adversaires.

Vous vous transformez en guerrier de l’auteur : il va désormais falloir le défendre, l’expliciter, montrer en quoi il a raison malgré le fait que ça ne va pas de soi.

Vous rédigez l’introduction au brouillon : amenez le thème (deux mots associés l’un à l’autre), le problème (la question), la thèse de l’auteur et son caractère paradoxal par rapport à d’autres thèses souvent pensées plus solides. Dites quel est son objectif et quels sont les enjeux de sa prise de position. Donnez les deux, trois ou quatre étapes de l’auteur en précisant les lignes.

Vous recopiez l’introduction.

Et vous passez à l’explication sur votre copie.

Expliquer n’est pas redire, n’est pas décrire : c’est déplier l’implicite (pour le rendre… explicite). Vous avez trouvé au brouillon la question que l’auteur s’est posée, et c’est à sa lumière que vous justifiez l’emploi, ici, là et là, des concepts qu’il mobilise. Vous faites un aller-retour permanent entre le problème et l’argumentation. Vous montrez donc avant tout la logique du texte et éclairez le sens des concepts mobilisés. Vous décrivez donc ce que FAIT l’auteur en disant ce qu’il dit. Il s’oppose, il abonde dans le sens de, il soutient une thèse paradoxale, il se répète afin de signifier que, il déduit, il induit… En quelque sorte, à chaque moment du texte, vous faites du lien hypertexte en explicitant le sens des mots ET le pourquoi de leur usage, dans le cadre de l’argumentation.
En permanence, dites le
– « quoi » : « Ici Descartes évoque les philosophes de l’Antiquité » ;
– le « pourquoi » : cause : « Parce que ces derniers ont tenté de trouver une solution à la souffrance occasionnée par le désir et, à partir de là, ont élaboré un code moral bien utile à titre individuel » ;
– « dans quel but » : « Le recours aux philosophes de l’Antiquité lui permet de soutenir sa propre « morale par provision », laquelle consiste en » (je mets ici un lien explicatif mais il faut être beaucoup plus synthétique évidemment, sinon vous partez en hors sujet);
– et en quoi cela répond à la question : « Ici, nous avons vu que Descartes veut trouver un principe moral simple qui permette de savoir ce qu’il doit faire en société, même s’il est dans une période de remise en question de toutes ses connaissances ; le recours aux Philosophes de l’Antiquité, notamment les Stoïciens et les Épicuriens (vous devez expliciter ce qui est implicite) lui permet de se délester d’une recherche éthique personnelle qui entraverait son enquête épistémologique. »

Vous procédez de manière linéaire : chaque partie de votre devoir correspond à une partie du texte. RIEN A VOIR, DONC, AVEC UN COMMENTAIRE COMPOSE DE FRANCAIS.

Conclusion : vous reprenez la problématique de l’auteur. Puis son plan et surtout la thèse qu’il parvient à mettre en évidence. Dans un second temps, vous évoquez plus ou moins brièvement l’auteur ou les auteurs qu’il a réussi à invalider dans son texte. Vous pouvez vous permettre de faire, donc, une conclusion un peu longue en explicitant davantage le propos de l’auteur invalidé.


Autres éléments : synthèse d’après
http://blog.eyssette.net/2015-2016/?page_id=840

Lecture critique d’un texte philosophique – Méthode

  1. Repérage = lecture active du texte = souligner les termes importants + dégager la structure argumentative du texte
  2. Analyse globale = parvenir à une vue d’ensemble du texte = ce sur quoi il porte + thèse de l’auteur + plan du texte
  3. Analyse précise = explication en détail du texte, passage par passage.
  1. Repérage :

– Souligner les termes importants

– Repérer la structure du texte : idées, connecteurs logiques.

  1. Analyse globale : (CAP)

Conceptualisation : dégager le réseau conceptuel du texte en faisant l’inventaire des concepts mobilisés par l’auteur :

– Les rassembler par notions

– Opposer ce qui s’oppose

– Les grandes distinctions qui structurent le texte.

=> code couleur pour chacun des mots soulignés.

=> on a dégagé une structure.

Argumentation :

Plan = logique argumentative.

  1. Pour chaque partie, formuler

ce que fait l’auteur = démarche :

  • définir une notion,
  • exposer une idée,
  • examiner une hypothèse,
  • critiquer une idée,
  • développer un argument en faveur d’une idée,
  • donner un exemple.

résumé

  1. A l’intérieur, déterminer la fonction de chaque passage = étape dans l’argumentation de l’auteur.

Entre chaque partie, formuler une transition sous forme de question + ce qui explique le passage d’une partie à l’autre.

  • Problématisation: déterminer :
    • La question directrice à laquelle l’auteur cherche à répondre.
    • La thèse de l’auteur, ce vers quoi tout le texte est orienté.
    • La ou les thèses adverses.
    • Le nœud problématique = tension fondamentale qui explique pourquoi, à cette question directrice, plusieurs réponses s’opposent.
  1. Travail d’analyse précise : ECART

Comprendre le texte de manière très fine. On prend le temps de s’arrêter.

  • chercher des Exemples
  • Conceptualiser, définir les notions, les distinctions conceptuelles
  • Arguments pour défendre l’auteur et répondre à ses contradicteurs.
  • Références théoriques pour comparer ce que dit l’auteur avec d’autres approches.
  • Tester ce que dit l’auteur, en posant la question « est-ce si simple ? » et dialogue, discussion, problématisation du texte.
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